
Par FAL : Blood, de Brad Anderson (le réalisateur qui avait fait perdre quelques dizaines de kilos à Christian Bale pour The Machinist), est un film qui n’est pas sans ressembler à Grave de Julia Ducournau et qui, de ce fait, rejoint la cohorte déjà trop nombreuse des films d’horreur construits sur une situation a priori intéressante, mais qui ne parviennent jamais à en sortir. Un début, assurément ; un milieu, oui ; et une fin… en eau de boudin.

Or donc, c’est l’histoire d’un petit garçon qui se fait mordre par un chien et qui, malgré tous les soins qui lui sont prodigués par les médecins de l’hôpital, se met à dépérir inexorablement. Jusqu’au jour où il se saisit de la poche de sang avec laquelle on le transfuse, la crève d’un bon coup de dents et boit goulument son contenu comme si c’était du jus de fruit. Dès lors, tout va mieux. Quelques jours plus tard, il sort de l’hôpital et peut rentrer chez lui.

Tout va mieux, à ceci près qu’il a de plus en plus soif. Heureusement, sa mère – seule personne qui connaisse le secret de son prompt rétablissement – est infirmière et peut aller puiser discrètement dans la banque de sang de l’hôpital. Mais assez vite, cela ne suffit pas. Elle commence alors à prendre son propre sang pour le donner à son vampire de fils. Mais bientôt, là encore, cela ne suffit plus. Il va donc falloir chercher ailleurs et, donc, on le devine, trouver d’autres donneurs.

Reconnaissons au moins une qualité à Blood :le caractère répétitif, mais implacable, de cette progression crée véritablement un malaise – le malaise qu’on attend de tout film d’horreur efficace. Et l’on est même tenté d’employer ici l’adjectif tragique, puisque la mère est interprétée par Michelle Monaghan, ange de pureté et de charité pour tous les amateurs de la série Mission impossible, puisqu’elle est Julia Meade, la femme qu’Ethan Hunt a aimée, aime toujours et ne pourra jamais aimer. D’ailleurs, elle était déjà infirmière ou médecin dans Fallout. Et donc, nous voyons bien que, même lorsqu’elle se livre à des actes abominables, elle le fait pour l’amour de son fils. « Pour éviter que son fils ne devienne un monstre, elle en devient elle-même un », résume le réalisateur.
C’est bien vu, c’est bien dit, mais il faudrait un troisième acte qui brisât ce cercle vicieux. Disons qu’on conclut en tranchant le nœud gordien de la manière la plus brutale qui soit et que la situation est à peu près autant réglée qu’elle l’était à la fin de Grave, où l’on nous assurait avec un kolossal clin d’œil que l’héroïne « trouverait bien quelque chose » pour satisfaire/maîtriser/vaincre ses pulsions cannibales. Dans une auberge espagnole, le client pouvait et devait « apporter son manger ». Avec ce film, c’est le spectateur qui est prié d’apporter son scénario…
Frédéric Albert Lévy
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