
Leonard Maltin n’est pas très connu en France, mais aux États-Unis c’est le Monsieur Cinéma et aussi l’un des critiques et historiens de cinéma les plus respectés au monde. Nous vous partageons aujourd’hui sa critique du dernier Indiana Jones réalisé par James Mangold :
“ Il existe un adage, un très vieil adage du show-business qui encourage les artistes à laisser leur public en redemander. Apparemment, ce concept est inconnu de beaucoup de personnes influentes de l’industrie cinématographique d’aujourd’hui.
Indiana Jones et le Cadran du destinée a tout ce que l’argent peut produire et plus encore. Si une poursuite ébouriffante à grande vitesse dans des rues étroites d’une ville est bonne, alors deux devraient l’être plus encore. Que diriez-vous d’une troisième ? La devise semble être « plus c’est plus » alors que le film empile, coup sur coup, scène d’action après scène d’action dans une tentative de nous épuiser à toute vitesse, nous le public.
Ce qui a commencé comme un hommage aux feuilletons du samedi matin avec lesquels George Lucas a grandi en regardant à la télévision (une génération après leur création dans les années 1940 pour le cinéma) s’est transformé aujourd’hui en un film ampoulé pour le toujours charismatique Harrison Ford. Et quand l’acteur ne suffit plus à incarner ce qu’il doit être à l’écran, les cinéastes le rajeunissent numériquement pour ce qui faut admettre une séquence d’ouverture entraînante. Des trucs comme ça coûtent très chers à faire, mais en ce qui concerne Indy, l’argent n’a pas d’importance.
N’oublions pas que même les films d’action le plus médiocres nécessitent un scénario, et celui-ci, attribué aux scénaristes expérimentés Jez et John-Henry Butterworth, David Koepp et au réalisateur James Mangold, est décevant. La sympathique Phoebe Waller-Bridge joue la courageuse rivale de Ford dans le monde archéologique, tandis que Mads Mikkelsen joue le rôle du Dr Voller, un nazi impénitent qui ne sera pas arrêté dans sa quête mondiale d’un ancien artefact. D’autres personnages vont et viennent au cours de ce récit mouvementé ; peu d’entre eux font une impression durable à l’exception du toujours excellent Toby Jones, qui en tant que personne qui pourrait être encore plus âgée que le protagoniste du film (bien que dans la vraie vie, il ne le soit pas).
Un autre problème de ce film c’est qu’il y a tellement d’utilisation d’effets visuels numériques qu’il est difficile (pour moi du moins) de m’investir dans bon nombre des cascades les plus spectaculaires car hélas je sais qu’elles ne sont pas réelles. Le long génériques de fin confirment que des centaines et des centaines de personnes ont été embauchées pour donner vie aux idées les plus fantaisistes des auteurs et ce d’une manière photo réaliste. Mais lorsque ces actions défient toute logique et deviennent irréelles « cela ne fonctionne plus », tout du moins pour moi.
Je ne peux pas dire que j’avais de grandes attentes pour ce film, mais je le considère quand même comme une déception. Revoyons Les Aventuriers de l’arche perdue et rappelons-nous d’un temps où le sujet était novateur et le film fun à regarder. ”
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Vous pouvez lire la critique originale de Leonard Maltin sur son site internet :
Vous pouvez également découvrir cette interview de George Lucas à Skywalker Ranch réalisée par Leonard Maltin, en 1992.
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