
Par FAL : Casino Royale est le premier « Bond » de Daniel Craig qui, en 2006, a largement contribué à relancer la série. Mais le roman Casino Royale – première aventure de Bond imaginée par Ian Fleming et publiée en 1953 – avait déjà été porté à l’écran par deux fois, à la télévision, en 1954, et au cinéma, en 1968. Ces deux versions sont éditées conjointement ce mois-ci par Rimini, dans un impressionnant combo composé d’un Blu-ray, de deux DVD (dont un incluant de nombreux bonus) et d’un livret de plus de cent pages (écrit par Marc Toullec).
Cette sortie est pour nous l’occasion de reproduire ici – avec quelques légères modifications – les chapitres consacrés à ces deux premiers Casino Royale dans Les 8 Visages de James Bond, ouvrage co-écrit par Kevin B. Collette, Tony Crawley et Frédéric Albert Lévy et qui, sorti en pleine période de COVID, avait connu une distribution extrêmement confidentielle.
Casino Royale, version 1954 (télévision)

Il y eut toute une période où l’on pouvait briller en société en demandant négligemment qui avait succédé à Sean Connery dans le rôle de James Bond. Les interlocuteurs répondaient presque toujours : « Roger Moore ». On pouvait alors expliquer que les choses étaient plus compliquées et qu’il y avait eu l’épisode Au service secret de Sa majesté. Cependant, comme, avec le temps, ce « Bond » un peu atypique a fini par être considéré comme l’un des meilleurs de la série, le nom de George Lazenby a fini par s’imposer dans la mémoire des cinéphiles, et même dans celle du grand public.
Mais il reste une autre question permettant, aujourd’hui encore, de désarçonner l’auditoire : comment s’appelait donc le premier interprète de James Bond à l’écran ? Car, contrairement à une opinion universellement répandue, Sean Connery n’a pas été le premier. Si l’expression « à l’écran » inclut le petit écran, le premier interprète de Bond a été le comédien Barry Nelson. Précisons cependant que les mauvais coucheurs érudits pourront toujours soutenir que Barry Nelson n’a jamais interprété James Bond : his name was Bond, Jimmy Bond.

C’est en effet à la télévision américaine que le personnage imaginé par Ian Fleming connut sa première incarnation. Fleming avait dès le départ l’ambition de faire adapter ses romans par la télévision ou le cinéma. Il put croire qu’il avait décroché le gros lot quand la chaîne CBS lui acheta les droits de son roman Casino Royale pour en faire la base d’un des épisodes de Climax ! – une série du genre Alfred Hitchcock présente, composée donc d’histoires relevant toutes d’un même genre, mais n’ayant aucun lien les unes avec les autres. On pensa assez longtemps que ce Casino Royale avait été définitivement perdu, jusqu’au jour où un historien du cinéma et de la télévision tomba miraculeusement, dans une brocante, sur un kinescope de la chose en question.
Kinescope ? Les épisodes de Climax ! étaient interprétés et diffusés en direct sans être a priori conservés sur le moindre support. (George Clooney et ses camarades s’amusèrent un jour à rendre hommage à cette époque héroïque de la télévision en produisant un épisode live de la série Urgences.) Les premiers magnétoscopes fonctionnant correctement n’apparurent qu’en 1963. Mais il existait malgré tout un système consistant à filmer sur pellicule, avec une caméra cinéma dotée d’un objectif ad hoc, les images défilant sur un écran de télévision. Système quelque peu primitif, certes, mais déjà suffisamment élaboré à l’époque dans certains laboratoires pour éviter un déroulement de bandes noires ; en outre, grâce aux miracles de la technologie moderne, la restauration du kinescope de Casino Royale est parfaitement visible.
Première aventure de Bond imaginée par Fleming, le roman Casino Royale serait probablement tombé depuis longtemps dans l’oubli s’il n’avait pas été suivi d’une dizaine d’autres et si le cinéma n’avait pas pris le relais, mais il pose d’emblée quelques constantes de l’univers bondien et reste intéressant aujourd’hui encore comme document sur les débuts de la guerre froide et sur les rapports d’amour et de haine que les Anglais semblent devoir entretenir éternellement avec la France.

L’intrigue se déroule en effet en Normandie, dans la cité de Royale-les-Eaux (d’où le -e final de Royale dans le titre), cité fictive, mais qui rappelle à maints égards Deauville ou Étretat et qui aurait parfaitement sa place dans une aventure d’Arsène Lupin. Le méchant de l’histoire, Le Chiffre, est un milliardaire rouge qui avait investi tout l’argent de ses commanditaires dans des maisons closes, mais qui s’est retrouvé gros jean comme devant du jour au lendemain quand, juste après la guerre, la loi Marthe Richard a entraîné la fermeture définitive desdites maisons. Il espère se refaire une santé au casino de Royale. Mais les Britanniques lui opposent, à la même table de baccara, leur agent James Bond, lequel gagne la partie (Fleming ne fait grâce au lecteur d’aucun détail de la partie en question – chapitres passionnants pour les initiés, mortellement soporifiques pour les profanes). Mais vingt-quatre heures plus tard Le Chiffre, aidé de ses sbires, entreprend de torturer Bond pour récupérer son argent manu militari.
La séance est interrompue par un agent des services secrets soviétiques qui vient envoyer ces messieurs ad patres pour les punir de leur incompétence. Bond n’étant pas inscrit sur sa liste, il le laisse en vie (tout en précisant qu’il regrette cette omission), mais Bond est évidemment en piteux état après ce que Le Chiffre lui a fait subir.

Commence alors une troisième partie, la plus intéressante sans doute, d’une tonalité tout hitchcockienne (et ce n’est sans doute pas un hasard si Charles Bennett, l’un des deux scénaristes chargés de l’adaptation, collabora plus d’une fois avec Gros Hitch) : Bond tombe amoureux de Vesper Lynd, la jeune femme venue le seconder dans son entreprise, et va jusqu’à lui proposer le mariage – un parfum d’Au service secret de Sa Majesté est déjà dans l’air –, mais celle-ci se révèle peu à peu être un agent double et, prise de remords (car elle aussi est tombée sincèrement amoureuse de lui) et condamnée à mort de toute façon par les services secrets soviétiques, elle se suicide. « The bitch is dead » sera à peu près toute l’oraison funèbre dont Bond la gratifiera, mais cette phrase, qui conclut le roman, n’est qu’une réécriture de l’histoire par laquelle il entend se persuader qu’il n’a pas perdu grand-chose, et nous sentons bien, nous, que cette victoire n’est qu’une amère victoire et que Bond n’est pas loin d’être le dindon de la farce. Il conviendra de garder en mémoire le souvenir de cette première James Bond Girl : malgré les apparences et les idées reçues, Bond le machiste est très souvent victime de femmes qu’il est censé dominer.
La version télévisée de Casino Royale préférait substituer un happy end à la mort de Vesper (rebaptisée d’ailleurs Valerie Mathis [1]), et, ne serait-ce qu’à cause de sa brièveté – elle ne durait que cinquante minutes –, elle se permettait bien d’autres licences poétiques. Mais il est inutile de se lancer ici dans une étude comparative et de crier à la trahison, car, si certains éléments du scénario constituent de francs contresens par rapport au matériau de base, d’autres sont comme des prémonitions de choses qu’on allait voir dans les films plusieurs décennies plus tard.
Le gros contresens est évidemment le personnage de Bond lui-même, américanisé sur toute la ligne (2) et interprété par Barry Nelson, dont le physique plus yankee que nature rappelait beaucoup plus celui du président Kennedy que celui de David Niven (le comédien dont, dixit la légende, Fleming rêvait au départ). Le nom de Nelson n’a jamais dit grand-chose au public français, mais il était connu aux États-Unis pour avoir participé à diverses séries télévisées, le plus souvent policières (Alfred Hitchcock présente et Twilight Zone, entre autres [3]) et les cinéphiles savent que c’est lui qui interprète le patron de l’hôtel au début du Shining de Kubrick, et aussi à la fin (mais la fin a été coupée !). Il n’a, de toute façon, jamais brandi ce Casino Royale comme un titre de gloire : « Sean Connery était 007. Je n’ai jamais prétendu être autre chose que 001. » Et, si son interprétation de Bond est dénuée de tout clin d’œil, il n’hésitait pas à se moquer gentiment de lui-même en évoquant ce jour où il s’était retrouvé dans un ascenseur qui s’était brutalement arrêté entre deux étages : « Impossible de sortir. Nous étouffions. Nous mourions de chaleur. Tout le monde dans la cabine a commencé à s’inquiéter sérieusement et quelqu’un a dit : “ Si seulement James Bond était là…” J’ai failli répondre : “ Mais voyons, il est là ! ” »
Il semble même que Nelson ignorait tout des origines britanniques de son personnage au moment où il l’interpréta : « Qui donc, à l’époque, avait entendu parler de James Bond ? Je me suis gratté la tête en me demandant comment j’allais jouer ce rôle. Je n’avais pas lu le roman, qui était encore assez peu connu. Je me souviens surtout de la tête que j’ai faite quand j’ai appris que l’émission allait être diffusée en direct – j’espérais que j’en avais fini avec ce genre d’exercice. »
Son Bond est donc bien plus un hard-boiled detective à la Humphrey Bogart qu’un agent de Sa Gracieuse Majesté capable de se tirer de toute situation dramatique par un one-liner bien senti, mais certains critiques saluent aujourd’hui le réalisme avec lequel s’exprime sa souffrance physique lors de la scène de torture – réalisme qu’on ne devait retrouver qu’un demi-siècle plus tard, avec l’arrivée de Daniel Craig.
Deux autres intuitions sont à relever chez les scénaristes, Charles Bennett (déjà cité) et Anthony Ellis. Nelson regrettait le peu d’épaisseur de son personnage dans le scénario – il n’en reste pas moins qu’il a un passé, puisque Vesper (rebaptisée donc Valerie) est définie dans le téléfilm comme étant une de ses anciennes maîtresses. L’histoire devient dès lors tout autant une histoire personnelle qu’une histoire d’espionnage, d’autant plus que cette ancienne maîtresse se trouve être désormais la maîtresse du méchant. C’est ce schéma qui allait réapparaître dans Demain ne meurt jamais. Des commentateurs peu charitables ne manquent pas de signaler que la comédienne mexicano-américaine Linda Christian, qui interprète cette première James Bond Girl, n’a pas laissé un souvenir très marquant dans l’histoire du cinéma et qu’à tout prendre, Romina Power, la fille qu’elle eut avec Tyrone Power, est sans doute un peu plus connue qu’elle, mais il n’est pas interdit de voir dans la séduction sérieuse de son personnage un peu de la Moneypenny qui sera l’un des piliers de la série.
Et, à travers, si l’on peut dire, le partage de l’héroïne, s’affirme la gémellité entre Bond et son adversaire, signalée chez Fleming dans l’espèce de jeu de mots 007/Le Chiffre. Le méchant, ici, ne ressemble guère à Bond comme Robert Shaw pouvait ressembler à Sean Connery dans Bons Baisers de Russie, mais certains critiques ne craignaient pas de dire qu’il lui volait la vedette. Il est vrai qu’il était incarné avec une bonhomie mélancolique et terrifiante par Peter Lorre, spécialiste des seconds rôles souvent plus mémorables que les premiers, et qui, par un retournement anticipé du destin, avait donné à la lettre M une connotation maudite très différente de celle qu’elle allait prendre dans la série des « Bond » en désignant le supérieur hiérarchique du héros. Il y a déjà quelque chose du Goldfinger de Gert Froebe dans le méchant de Lorre.Une espèce de perversité innocente qui est celle de l’enfance. « Be fair, Mr Bond. We are both gamblers », s’écrie-t-il à un moment donné pour échapper à la vengeance de Monsieur Bond. Ne doutons pas de sa sincérité.
Si l’on estime que la vie a été cruelle avec Barry Nelson, on peut aussi se dire qu’il a eu le destin des grands pionniers. Ceux-ci, par définition, arrivent toujours trop tôt. Moïse lui-même avait dû se contenter de voir de loin la Terre promise, sans jamais vraiment l’atteindre lui-même.
***
Casino Royale, version 1968

David Niven est James Bond. Ou plutôt : David Niven est James Bond ? avec un point d’interrogation, car la première adaptation cinématographique de Casino Royale, à l’opposé de l’adaptation télévisée, quasi-janséniste, diffusée en 1954, est une usine à gaz où l’on ne sait pas toujours très bien qui est qui ou qui fait quoi. Flou dans l’histoire, mais aussi derrière la caméra, puisqu’on trouve au générique les noms de cinq réalisateurs différents, dont celui, plutôt inattendu, de John Huston.
À l’origine, Ian Fleming avait vendu les droits d’adaptation de son premier roman à la compagnie CBS pour une somme modique – autour de mille dollars –, mais le succès de la série officielle lancée avec Dr. No ne tarda pas à donner au titre Casino Royale une valeur qu’il était loin d’avoir au départ. Au terme de différentes transactions, il était devenu la propriété du producteur Charles K. Feldman. Le projet initial de celui-ci était de transposer le roman à l’écran de la manière la plus fidèle possible et il eût aimé avoir Sean Connery pour interpréter Bond. Mais Connery, par loyauté envers Broccoli et Saltzman (producteurs de la série « officielle ») ou parce que le rôle commençait déjà à lui peser (le cachet proposé par Feldman étant, lui, trop léger ?), refusa tout net et l’idée d’une production conjointe Broccoli-Saltzman-Feldman semble ne jamais avoir été sérieusement envisagée.

Condamné à jouer les vilains petits canards, Feldman estima donc que la seule issue qui lui restait était celle de la parodie, d’autant plus qu’il venait d’obtenir un assez beau succès en produisant Quoi de neuf, Pussycat ?, une farce écrite par Woody Allen et réalisée par Clive Donner. Et, de fait, Casino Royale se présente à maints égards comme une version revue et amplifiée de ce film, avec en partie les mêmes acteurs – Ursula Andress (les dialogues de Pussycat la présentaient déjà, de manière post- et prémonitoire, comme « une amie personnelle de James Bond »), Peter Sellers, Woody Allen, Peter O’Toole, même si ce dernier n’apparaît ici que quelques secondes –, avec le même compositeur – Burt Bacharach –, et aussi avec au moins un même coscénariste, puisqu’il est établi aujourd’hui que, nonobstant toutes ses déclarations de l’époque visant à faire croire qu’il n’était dans cette affaire que comédien, Woody Allen était aussi l’auteur de certaines répliques, sinon de certaines scènes.
De l’intrigue du roman original, il ne reste pratiquement rien, sinon la fameuse scène de la partie de cartes entre Le Chiffre et Bond, et celle-ci exigea en outre une grande virtuosité de la part des monteurs. Orson Welles, qui joue Le Chiffre, et Peter Sellers n’apparaissent ensemble que dans deux plans : au bout d’une journée de tournage, ils étaient tellement dressés l’un contre l’autre qu’il n’était plus question de les remettre face à face sur le même plateau.

Qu’on n’aille pas croire d’après ce qui vient d’être dit que Sellers interprétait Bond dans le film. Enfin, oui et non… Le scénario, à la vérité, prend le contrepied du roman, puisque, alors que celui-ci introduisait le personnage de Bond, le Bond que nous rencontrons au début du film est un Bond retraité, bien décidé à le rester, et qui ne reprend du service que parce que le MI6 a la bonne idée de faire de lui un SDF en détruisant sa propriété. Toutefois, ce « vieux » Bond, adepte du bonnet de nuit, a quelque chose d’authentique, dans la mesure où il est interprété par le comédien dont Fleming avait rêvé au départ – son ami David Niven. Ce casting mental de l’écrivain n’était évidemment pas un mauvais choix : Niven était l’Anglais par excellence. C’était le seul Britannique qui, faisant fi des recommandations de son ambassade, avait quitté Hollywood au début de la guerre pour rentrer dans son pays et participer activement aux combats. Au cinéma, c’est lui qu’on avait choisi pour interpréter Phileas Fogg dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours ; lui qu’on avait choisi pour incarner un officier anglais dans Les Canons de Navarone ou encore dans Les 55 Jours de Pékin ; lui que Gérard Oury allait choisir quelques années plus tard pour être le cerveau d’un braquage dupliquant le braquage historique du train Glasgow-Londres dans Le Cerveau. Avec sa fine moustache, son sourire et son élégance naturelle, Niven avait effectivement tout pour être Bond. Si ce n’est que, au début des années soixante, il avait déjà la cinquantaine bien tassée.
Mais c’est précisément là-dessus que joue Casino Royale. S’il arrive à ce vieillard d’oublier parfois son âge, la réalité a tôt fait de le renvoyer à lui-même – ainsi, il embrasse fougueusement Moneypenny (Barbara Bouchet) lorsqu’il retourne au MI6… pour assez vite se rendre compte que cette Moneypenny est en fait la fille de Moneypenny. Et donc, conscient de ses limites, et afin de tromper l’ennemi, il se démultiplie en accolant l’étiquette 007 à toute une série d’individus, certains recrutés pour la circonstance (le personnage de Peter Sellers, choisi pour affronter Le Chiffre, est un joueur de cartes professionnel), et parfois même de sexe féminin (Ursula Andress fait partie de ce bataillon de 007).

L’intrigue ? Vous voulez rire ! Si l’on vous dit qu’on rencontre, en vrac, une soucoupe volante, des Indiens de western, Jean-Paul Belmondo en légionnaire adepte du mot de Cambronne, une Mata Bond fruit des amours entre Bond et Mata Hari, le mur de Berlin, des joueurs de cornemuse écossais en kilt et bien d’autres choses encore – y compris la version Mireille Mathieu de la chanson The Look of Love dans la VF –, vous comprendrez que l’esprit de Casino Royale était beaucoup moins cartésien que psychédélique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce film, qu’on l’aime ou non, peut être vu comme une espèce de document historique sur la fin des sixties.
Comme on l’a dit, il est impossible de déterminer précisément comment les cinq réalisateurs de cet invraisemblable patchwork, à savoir John Huston, Val Guest, Kenneth Hughes, Joseph McGrath et Robert Parrish, se sont réparti la tâche, certains n’ayant fait que passer (Billy Wilder lui-même aurait participé à ce grand magma…). On croit savoir que c’est Val Guest, pilier de la Hammer, qui a eu la charge de recoller tous les morceaux.

Il les a bien recollés. Le résultat n’est pas à proprement parler miraculeux, mais certaines séquences – en particulier une poursuite de voitures – restent aujourd’hui encore tout à la fois drôles et impressionnantes ; la musique du générique, interprétée par Herb Alpert et son Tijuana Brass, n’a rien perdu de son charme. Et surtout, certaines outrances qui pouvaient paraître ridicules en 1967 le sont beaucoup moins cinquante ans plus tard, puisqu’elles ont été progressivement annexées par la série officielle : thème du temps qui passe ; question du remplacement de 007 (George Lazenby allait d’ailleurs succéder à Connery deux ans plus tard dans Au service secret de Sa Majesté) ; question du remplacement de 007 par une femme (cf. tous les débats sur cette passionnante question avant et après la sortie de Mourir peut attendre) ; thème de l’eugénisme (le Méchant qui ne veut garder sur la planète que des jolies filles et que des hommes plus petits que lui est une caricature du Drax de Moonraker avant la lettre) ; thème de l’ennemi intérieur, qu’on allait retrouver dans GoldenEye et dans Skyfall. Et enfin, thème des rivalités familiales, puisque Woody Allen incarne le neveu de James Bond, aussi jaloux de celui-ci que le Blofeld de SPECTRE. On n’est jamais trahi que par les siens.
Frédéric Albert Lévy

1954
Casino Royale
Réalisateur : William H. Brown, Jr.
Scénario : Charles Bennett, Anthony Ellis.
Avec : Barry Nelson, Peter Lorre, Linda Christian, Michael Pate.
L’agent secret américain Jimmy Bond a pour mission de battre au baccara Le Chiffre, afin de le discréditer auprès de ses employeurs soviétiques. Mission accomplie. Mais le lendemain, Le Chiffre vient le torturer pour récupérer sa mise. Mais Valerie, la maîtresse du Chiffre, n’oublie pas qu’elle a été par le passé la maîtresse de Bond…
1968
Casino Royale
Réalisateurs : Val Guest, Kenneth Hughes, John Huston, Joseph McGrath et Robert Parrish.
Scénario : Wolf Mankowitz, John Law, Michael Sayers.
Avec : David Niven, Deborah Kerr, Peter Sellers, Ursula Andress, Woody Allen, Barbara Bouchet, Terence Cooper, Orson Welles, Joanna Pettet, Daliah Lavi, Jacqueline Bisset.
Bond, depuis longtemps à la retraite, est forcé de reprendre du service après l’assassinat par le Smersh de nombreux agents secrets. Mais, pour brouiller les pistes, il délègue ses responsabilités à une bonne demi-douzaine de 007. On découvrira que les exactions du Smersh sont commandées par le propre neveu de Bond, Jimmy, qui rêve d’un monde peuplé uniquement de jolies filles et d’hommes plus petits que lui.
Notes
(1) Mathis était dans le roman un agent du Deuxième Bureau. Il est totalement absent du téléfilm.
(2) Corollaire : Felix Leiter, ami américain de Bond dans les romans de Fleming, devient ici anglais !
(3) Il apparaît fugitivement sur un écran de télévision dans le film Poltergeist, réalisé en 1982 par Tobe Hooper et, produit (et, de fait, co-réalisé) par Steven Spielberg.
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