James Bond 007 contre Dr (Taranti)No

Par FAL : Quand Les Cahiers du cinéma expliquaient il y a quelques décennies que le seul, le vrai metteur en scène des « Bond » n’était autre que Bond lui-même, ils ne faisaient qu’exprimer en d’autres termes ce que le producteur Albert « Cubby » Broccoli développait de son côté quand il déclarait que les « Bond » avaient besoin d’excellents artisans, mais non de réalisateurs dotés d’une trop forte personnalité. Un Stanley Kubrick aurait livré « un film de Stanley Kubrick ». Un Polanski, un « Polanski ». Pas un « Bond ». On peut dire que, d’une certaine manière, les derniers volets de la série ont confirmé cette thèse : s’il n’a pas réalisé Mourir peut attendre, Sam Mendes, qu’on peut classer parmi les réalisateurs dotés d’une forte personnalité, a très largement contribué, sinon à tuer James Bond définitivement, du moins à l’enfermer dans une impasse (rien, strictement rien sur le front bondien depuis maintenant trois ans).

Un autre « franc tireur » dont il avait été un temps question, et avec qui Pierce Brosnan aurait aimé travailler, explique dans une interview accordée au journaliste Baz Bamigboye sur le site Deadline pourquoi il ne fut jamais sollicité officiellement. « Après Pulp Fiction, raconte Quentin Tarantino, j’aurais voulu tourner ma version de Casino Royale. Elle se serait déroulée dans les années soixante et n’aurait pas été conçue comme un volet d’une série. C’eût été un one-off. Les ayants droit de Ian Fleming pensaient détenir les droits de ce roman : mon projet a priori tenait la route.

« Mais quelqu’un, semble-t-il, avait eu la même idée trois ans avant moi, ce qui avait amené les Broccoli à conclure avec les ayants droit de Fleming, moyennant finance, un accord au terme duquel aucun projet d’adaptation cinématographique de ce que Fleming avait pu écrire – romans, nouvelles, textes journalistiques comme Thrilling Cities (Des villes pour James Bond) et tutti quanti – ne pouvait se faire sans l’autorisation Broccoli. »

Tarantino, donc, n’a jamais rencontré les gens de Eon (la société de production des « Bond »), mais des amis lui ont rapporté que les propos qui s’échangeaient dans les couloirs de cette noble maison étaient du type : « Nous aimons beaucoup Quentin, mais les films que nous faisons rapportent chacun un milliard de dollars. Aussi n’avons-nous pas besoin de ses services. »

En tout état de cause, le cher Quentin ne réalisera jamais un « Bond », puisqu’il jure ses grands dieux que le film sur lequel il travaille actuellement, The Movie Critic (inspiré, dit-on, de feue Pauline Kael, superstar de la critique cinématographique américaine des années soixante à quatre-vingt et ennemie acharnée de Kubrick, Clint Eastwood et Meryl Streep), sera son dernier. Mais il n’en a pas moins des idées sur l’avenir de Bond. Pour donner un coup de jeune aux aventures cinématographiques de 007, il suffirait de porter à l’écran… les romans de Fleming : « La plupart du temps, on s’est contenté de prendre la ligne générale de l’intrigue, la James Bond Girl, parfois le méchant, et l’on est parti dans la nature. Tom Mankiewicz, qui a écrit les scénarios de plusieurs “Bond”,  n’en faisait qu’à sa tête. Il convient donc, non pas de faire des remakes des films, mais de faire des films originaux en s’en tenant tout simplement aux romans. C’est là qu’il faut aller si l’on cherche du nouveau. »

Frédéric Albert Lévy

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