« Disclosure Day » : le prochain Spielberg

Par Claude Monnier : Le jour de la Révélation n’aura lieu que le 12 juin 2026 mais la bande-annonce énigmatique parue il y a quelques semaines est une véritable machine à spéculations. Donc… spéculons !

Devant les premières images de « Disclosure Day », qui tiennent tour à tour de la science-fiction, du merveilleux et du film d’action, il est évident que Spielberg cherche à renouer avec le box-office américain, étant donné les échecs commerciaux cuisants (et injustes) de « West Side Story » et « The Fabelmans ». La mise de côté (provisoire ?) du scénariste et dramaturge intello Tony Kushner au profit du prosaïque et efficace David Koepp (« Jurassic Park ») ne trompe pas. « Run for cover » disait Hitchcock ! Pour autant, le sujet est très personnel pour Spielberg : depuis son adolescence, il pense que le gouvernement américain « nous cache quelque chose » au sujet des E.T. La phrase leitmotiv de « Disclosure Day » n’est-elle pas : « La vérité appartient à sept milliards d’individus » ?

Le cinéaste a donc imaginé de nouvelles rencontres du troisième type qui, a priori, ne seront pas du tout dans la veine horrible de « La Guerre des mondes ». L’indice de cela, ce sont bien sûr les images positives de la petite fille qui semble en harmonie avec les animaux et qui s’approche d’un manoir d’où émane une lumière merveilleuse. Ces images d’animaux, du reste, sentent un peu trop le CGI. Sont-ce des effets provisoires, susceptibles d’être améliorés ? Ou bien est-ce un contraste volontaire entre la vision angoissante des agents paragouvernementaux menés par Colin Firth et la vision innocente des « élus », dont semblent faire partie la petite fille, Emily Blunt et Josh O’Connor ?

On le voit, Spielberg reprend certains motifs de « Rencontres du troisième type » et d’« E.T. » (des individus isolés et naïfs poursuivis par une masse déshumanisée d’agents en uniformes) mais, évidemment, il ne peut pas faire un remake de ces deux films emblématiques. Autrement dit, il a bien fallu qu’il trouve « autre chose » au sujet des extraterrestres. Or, certains plans de la bande-annonce, parmi les plus intrigants, suggèrent des transformations génétiques chez tous ceux qui ont « la Révélation » (changements notamment au niveau de la pupille). Et de leur côté, les affiches teaser du film suggèrent une « fusion » entre l’humain et l’animal.

Il est donc fort possible qu’il n’y ait aucune arrivée extraterrestre dans ce film et que les « aliens », loin d’être des « étrangers », soient déjà là depuis longtemps, peut-être sous forme animale, attendant patiemment de nous amener vers un nouveau stade d’évolution et de sagesse.

Le jeune Spielberg nous disait, comme Fox Mulder, que la vérité est ailleurs. Le vieux Spielberg, plus philosophe, semble nous dire que la vérité est en nous.

Claude Monnier

Laisser un commentaire