LES HUIT VISAGES DE JAMES BOND

Par Claude Monnier : Je profite que mon voisin FAL ne me voie pas (il est confiné dans la page précédente) pour vous toucher deux mots du livre qu’il vient de publier, en compagnie de deux compères : Tony Crawley (ex-correspondant de Starfix) et Kévin Bertrand Collette (ex-journaliste de Mad Movies). Le sujet ? Vous l’avez deviné grâce au titre de cet article. Oui, les fans de Starfix le savent bien : FAL est tombé dans James Bond quand il était petit. Depuis, il ne cesse de s’interroger sur la potion magique d’EON productions. La question pourrait se résumer à ceci : qu’est-ce que James Bond ? Question inépuisable puisqu’il s’agit d’un mythe. FAL y avait en partie répondu dans un bel essai, profond et littéraire, publié en 2017 : Bond, l’espion qu’on aimait (éditions Hors Collection). Je dis en partie car il y a toujours quelque chose à dire sur Bond, notamment parce que chaque nouvel épisode ajoute une tête à cette hydre cinématographique (pour nous, en cette année épidémique, Mourir peut attendre). Il n’y a pas à tergiverser : avec Bond, on respire l’air du mont Olympe. Ce personnage restera le beau héros de notre ère, la société de consommation, comme Charlot, autre personnage en costume noir, était le pauvre héros de l’avant-guerre. Ce n’est pas un hasard si, dans ce livre, FAL réhabilite grandement Roger Moore. C’est un juste retour des choses : de tous les interprètes de Bond, Roger Moore est celui qui a le plus l’aspect d’une statue antique ; son jeu marmoréen crée une sensation de vide et de malaise, rappelant que si 007 plaît à tous les habitants de la planète, c’est parce qu’il est un personnage aussi « creux » que Tintin. Creux, et donc remplissable à volonté, comme un puits sans fond.

En étudiant méthodiquement chaque interprète de 007, Les huit visages de James Bond nous font comprendre l’étrangeté réelle de cette série où, à chaque fois qu’on coupe un membre (Connery, Lazenby, Moore, etc.), il repousse intact. Hydre purement cinématographique en effet, car la série littéraire de Ian Fleming, remarquablement écrite au demeurant, était tout de même plus « terre à terre », moins énigmatique : Bond y était encore tout simplement un être humain (ce qui possède un autre charme, évidemment). Avec le cruel Sean Connery et le saint Roger Moore, 007 acquiert au cinéma une perfection et une irréalité divines. Et pour le public, aller voir un Bond est vite devenu une procession. Nous nous agenouillons devant l’autel du parfait Spectacle. Du reste, la beauté olympienne de Roger Moore, son air imperturbable au milieu du chaos, le rapprochent du Sphinx. Et pour FAL, dont on reconnaît aisément l’écriture spirituelle au fil des pages, Bond est bien ce sphinx redoutable qui nous pose une énigme à l’entrée de la Cité (du cinéma) : quelle est la créature qui, chaque jour, change de visage, tout en gardant la même apparence ? Les huit visages de James Bond sont peut-être la réponse à cette énigme…

Les Huits visages de James Bond, Editions de l’Histoire, mars 2020, 240 pages, 19 €.

                                                                                                                                Claude Monnier

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