The Fabelmans : Spielberg à la poursuite de Truffaut

Par Claude Monnier : Alors que son remake de West Side Story point enfin à l’horizon, Spielberg est déjà en train d’achever son nouveau film : The Fabelmans.

Film a priori plus modeste que le précédent, et bien moins cher que Ready Player One, The Fabelmans est en réalité le projet le plus risqué de la carrière de Spielberg, celui dont il rêve depuis les années soixante-dix, depuis sa rencontre du troisième type avec François Truffaut. Le film où il tombe le masque et se met tout nu, ou presque. Disons-le : The Fabelmans est à Spielberg ce que Les Quatre Cents Coups sont à Truffaut : un film autobiographique doux-amer et, consciemment ou pas, un règlement de comptes avec ses parents dont la séparation douloureuse l’a traumatisé.

The Fabelmans (sans doute le nom fictif de la famille Spielberg dans le récit) a été écrit à quatre mains, avec le dramaturge Tony Kushner, pendant le grand confinement de 2020. Comme des millions de terriens, ce confinement a poussé Spielberg vers une certaine introspection. Mais contrairement à ces millions de terriens, cette introspection a accouché… d’un film. Nulle surprise cependant pour les lecteurs de Starfix et notamment du spécialiste spielbergien maison, Tony Crawley : The Fabelmans était déjà plus ou moins en gestation dans le célèbre projet After School/A Boy’s Life, détaillé par Crawley dans L’Aventure Spielberg, et qui avait nourri partiellement E.T. et Poltergeist.

Par ailleurs, les premières photos de tournage de The Fabelmans nous ramènent à l’ambiance chatoyante de Catch Me if You Can, au cœur des Trente Glorieuses – chatoiement trompeur, on le sait, ou du moins assombri par l’échec d’un couple mal assorti… Catch Me if You Can se rapprochait déjà d’une autobiographie déguisée (un jeune homme fuit le divorce de ses parents en racontant des « histoires » aux autres). Sauf qu’ici, plus de déguisement : l’enfant perdu, le Peter Pan névrosé et « affabulateur », ce n’est pas Frank Abagnale, mais Spielberg en personne !

Etrange sensation, à la limite de l’impudeur, de voir Michelle Williams en sosie de l’exubérante Leah Spielberg, cajolant (pour le manipuler ?) un clone du jeune Steven, à 16 ans, c’est-à-dire l’âge où Spielberg fut poussé par sa mère à devenir « l’homme de la maison », après la fuite du père…

Totalement œdipien, The Fabelmans est de loin le projet cinématographique le plus intrigant de 2022.

Claude Monnier

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