
Par FAL : Expendables 4 (ou, pour reprendre le logo de certaines affiches, EXPEND4BLES) est sans doute exactement ce que pouvait et devait être le quatrième volet de la série, mais cette circonstance atténuante ne saurait dissimuler la triste réalité, à savoir un beau ratage.

Oui, même si, en numérologie, le nombre 4 est associé à une « efficacité professionnelle », ce numero quattro est un beau ratage parce qu’Expendables a filé un mauvais coton à partir du moment où ce qui devait être une class reunion unique, un point d’orgue, un adieu nostalgique à une époque révolue – celle des « gros bras » des années quatre-vingt –, s’est transformé en série. Passe encore pour le second volet, qui venait combler quelques lacunes, dont l’absence de JCVD dans la galerie de portraits de E1, mais à partir du troisième le soufflé a commencé à retomber sans appel. Parce que le noyau historique des Expendables s’est rétréci comme une peau de chagrin et qu’on a assisté à un phénomène analogue à celui qu’on avait connu avec les Charlots il y a quarante ans – rien de plus triste que des clowns tristes. Et parce que la cure de jouvence imaginée pour relancer la machine, à savoir l’introduction de nouveaux « expendables », était en contradiction avec l’esprit même de l’entreprise. On peut passer par pertes et profits (expendable = en gros, « sacrifiable ») des vieux messieurs à la retraite, même s’ils continuent de porter beau. Faire subir le même traitement à des jeunes gens (y compris des jeunes filles) vigoureux, c’est plus délicat. Signalons d’ailleurs à cet égard l’absurdité totale de E4. On nous avait annoncé que ce chapitre allait marquer le passage de relais de Stallone à Statham, mais le temps passe et celui-ci n’est déjà plus de première fraîcheur, ce que d’ailleurs signale à un moment donné le dialogue : Jason a peut-être encore sa toison d’or, mais il a perdu tous ses cheveux.

Sortie le 15 février 2024.
Si, dans un grand mouvement de générosité, on fait l’effort d’oublier le « 4 » de E4 et qu’on regarde ce film comme un film d’aventures en soi et pour soi, les choses ne s’améliorent guère. Le scénario est d’une absence d’imagination qui dépasse l’imagination. En gros, un méchant mystérieux s’apprête à faire sauter la planète et nos amis expendables doivent l’identifier asap pour l’empêcher de mettre son projet à exécution. A priori, rien à dire là-contre : n’est-ce pas à peu près le même principe que les « Bond » et les « Mission : Impossible » ? Mais si vous n’avez pas compris au bout de dix minutes que le grand méchant loup n’est autre que celui-là même qui a appelé les Expendables pour leur demander de reprendre du service, c’est que vous n’allez vraiment pas souvent au cinéma. Il y a deux autres twists finaux, que nous ne révélerons pas ici, mais qui sont à peu près aussi twistants. Action et cascades ? On est allé chercher un champion du monde de moto acrobatique, mais, si les pirouettes auxquelles il se livre sont assez spectaculaires et semblent avoir rempli de joie le réalisateur (v. bonus*), elles sont parfaitement gratuites et sont finalement moins impressionnantes que ce qu’on peut voir sur YouTube dans la même discipline – ou, mieux encore, dans celle du vélo acrobatique. Pour l’épisode 5, nous suggérons comme pitch « Rocky and Rambo Meet the Expendables ».
Frédéric Albert Lévy
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